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Adieu, vieux sac répugnant!
Une étude affirme qu'il est injustifié que la faune marine mondiale meure étouffée par des déchets de plastique,

Edmonton Journal
Affiché le 9 juin 2009

L'époque des sacs de plastique est révolue. C'est le moment de s'en débarrasser, et là est le problème : où sur la planète devrions-nous les jeter?

Lundi, une étude de l'ONU a révélé que les mers du monde sont plus polluées que jamais. Le responsable du Programme des Nations Unies pour l'environnement a déclaré que le plus grand pas qu'un gouvernement puisse franchir serait d'interdire la fabrication de sacs de de plastique de style supermarché, qui sont encore largement distribués au Canada.

Gail Shea, ministre de Pêches et Océans Canada, a expliqué, dans une déclaration faite à l'occasion de la Journée mondiale de l'océan, que les Canadiens doivent « se rendre compte de l'importance des océans ».

D'après le rapport « Marine Litter: A Global Challenge », les sacs et les bouteilles constituent la majorité des déchets de plastique, qui sont de loin le type d'ordures marines le plus envahissant dans le monde.

Dans ce document de 233 pages, les fumeurs sont aussi mentionnés comme de grands producteurs de détritus marins. Ils jettent des mégots et des papiers de cigarettes qui représentent 40 % des déchets dans la mer Méditerranée, par exemple.

Produit avec le groupe de pression Ocean Conservancy, ce rapport tente de faire l'inventaire des déchets marins dans 12 mers importantes.

Il précise que, malgré les mesures de protection locales et internationales, des « quantités alarmantes d'ordures » sont jetées dans la mer et continuent à menacer la sécurité et la santé des humains et de la faune. De plus, les déchets endommagent les équipements nautiques et ont un impact négatif sur le tourisme en défigurant les littoraux.

« Les déchets marins sont le symptôme d'un plus grand malaise, à savoir le gaspillage... des ressources naturelles », dit Achim Steiner, directeur général du Programme des Nations Unies pour l'environnement. « Certaines ordures, comme le film mince, les sacs de plastique à utilisation unique, qui étouffent la faune marine, devraient être interdites ou éliminées progressivement et rapidement partout, (car) plus rien ne justifie désormais leur fabrication, nulle part. »

Bien que les sacs recyclés soient de plus en plus communs aux États-Unis, on estime que 90 milliards de sacs fins par an, la plupart utilisés pour les aliments périssables et les provisions, ne sont pas recyclés.

Une interdiction des sacs de plastique est actuellement mise à l'épreuve en Chine, où les détaillants qui en distribuent risquent de recevoir une amende pouvant atteindre 1 464 $. D'après une enquête nationale, les épiceries ont distribué 40 milliards de sacs de plastique de moins après l'adoption de la loi. L'Irlande a réussi à diminuer la consommation de sacs de plastique à utilisation unique de 90 % en prélevant des frais pour chaque sac utilisé.

La publication du rapport coïncidait avec la première reconnaissance officielle de la Journée mondiale de l'océan par les Nations Unies, une journée que le Canada avait proposée en 1992.

Il recommande que les gouvernements sensibilisent davantage les citoyens et les entreprises à l'impact des ordures jetées près de la mer ou dans la mer, et qu'ils infligent ponctuellement des amendes à ceux qui n'écoutent pas.

 Ce rapport constitue un rappel que l'imprudence et l'indifférence s'avèrent nocives pour nos océans et leurs écosystèmes », dit Philippe Cousteau, chef de la direction de EarthEcho International et membre du conseil d'administration de Ocean Conservancy.

Environnement Canada gère un système de permis pour maîtriser l'élimination des déchets et d'autres matériaux en mer.

D'après le rapport, les amendes seraient un moyen de dissuasion efficace si elles étaient aussi élevées que les 500 000 $ que les États-Unis ont infligés en 1993 au bateau de croisière Regal Princess pour avoir jeté 20 sacs de déchets à la mer.

Le rapport précise que les touristes ont un « impact considérable » sur l'état des mers. Toutefois, il fait l'éloge des Seychelles et de l'île Maurice, qui sont des destinations touristiques populaires, mais qui contribuent très peu à la quantité de déchets marins de l'océan Indien occidental.

Cependant, pour illustrer la puissance des brises et des courants des océans, le rapport mentionne que les Seychelles doivent gérer les déchets des autres, qui arrivent pendant la saison de la mousson du Sud-Est. Il pointe aussi que les ordures jetées dans les eaux de l'Australie occidentale finissent sur les littoraux de l'Afrique du Sud.

Bien que les eaux canadiennes ne fassent pas partie des eaux étudiées, des régions de pêche nordiques comme les îles Shetland sont mentionnées, car elles ont souffert de pertes financières causées par des ordures venant d'ailleurs.

Ainsi, 92 % des pêcheurs des Shetland ont signalé avoir des problèmes récurrents de débris qui se prennent dans les filets. Selon les estimations, chaque pêcheur pourrait perdre entre 10 500 $ et 53 300 $ par an à cause des déchets marins.

Les cigarettes sont la source principale de déchets marins au Canada, d'après un récent rapport indépendant publié par Ocean Conservancy.

Parallèlement, des déchets dangereux envahissent l'océan Indien occidental, les mers de l'Asie du Sud et la mer Noire à cause des mauvaises infrastructures de gestion des déchets solides dans les états littoraux respectifs.

On prévoit que le problème de déchets marins augmentera fortement dans les eaux de la Chine et d'autres régions de l'Extrême-Orient, où 60 % des 1,8 milliards d'habitants vivent dans les zones côtières.

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